La fiche est gratuite, se remplit en une heure, et décide de la moitié des gens qui poussent votre porte. La plupart de celles que je regarde ont pourtant une catégorie approximative, aucun horaire de congés, et trois photos prises par des clients il y a deux ans.
Tapez « restaurant italien » suivi du nom de votre ville. Google affiche d'abord une carte et trois établissements. Le premier lien de site web classique arrive après, et sur un téléphone il faut souvent faire défiler un écran entier pour l'atteindre.
Autrement dit : la vitrine que les gens voient en premier n'est pas votre site, c'est votre fiche d'établissement. Elle ne coûte rien, elle appartient à Google, et elle se remplit en une heure.
C'est aussi pour ça qu'elle est mal faite presque partout. Un champ gratuit qu'on remplit une fois à l'ouverture ne se relit jamais.
Google documente publiquement trois critères pour le classement local. C'est court, c'est vague, mais c'est la seule source qui ne soit pas une supposition.
Conséquence pratique : si vous ne devez faire qu'une chose cette semaine, travaillez la pertinence. C'est gratuit, c'est immédiat, et c'est le seul levier qui ne dépend de personne d'autre que vous.
Vous n'avez qu'une catégorie principale, et elle pèse plus lourd que tout le reste du texte de la fiche réuni. Elle ne décrit pas votre établissement : elle choisit la liste dans laquelle Google vous range.
« Restaurant » est un fourre-tout où vous êtes en concurrence avec les trois cents autres adresses de votre ville. « Pizzeria », « Restaurant italien », « Bar à vins », « Crêperie » réduisent la concurrence à ceux qui font vraiment la même chose que vous, et vous font apparaître sur la recherche que les gens tapent réellement.
La règle qui marche : la catégorie principale, c'est ce qu'on vient manger chez vous. Pas ce que vous savez faire, pas ce que vous servez aussi le midi. Le reste passe en catégories secondaires, qui existent et qui servent.
Empiler dix catégories secondaires sans rapport pour « ratisser large ». Une fiche déclarée à la fois traiteur, bar, salon de thé, restaurant de fruits de mer et fast-food ne ressort nulle part : plus rien ne la caractérise.
Trois ou quatre catégories secondaires cohérentes valent mieux que dix approximatives.
Les horaires normaux, tout le monde les met. Ce sont les autres qui font la différence.
Les horaires de congés se programment à l'avance, plusieurs mois d'un coup. C'est dix minutes en janvier pour toute l'année.
Google favorise les fiches alimentées régulièrement : une photo par semaine pèse plus que quarante photos publiées le même jour puis plus rien pendant deux ans.
Le client, lui, en regarde trois avant de décider :
Une photo prise au téléphone en lumière du jour, sans flash, bat une photo de catalogue dans neuf cas sur dix : elle ressemble à ce que le client va trouver, et il le sent. Le sujet mérite son propre article, il est dans la liste des conseils.
750 caractères, lus par les humains, à peu près ignorés par le classement. Inutile d'y empiler « restaurant Nantes pizza Nantes livraison Nantes » : ça n'aide pas au référencement et ça donne envie d'aller ailleurs. Écrivez ce que vous diriez à quelqu'un qui hésite sur le trottoir.
Terrasse, accès en fauteuil, options végétariennes, accueil des groupes, chien accepté. Ce ne sont pas des décorations : ce sont des filtres actifs dans la recherche Maps. Un attribut non coché, c'est une case dans laquelle vous n'apparaissez pas du tout.
Renseigner les plats un par un est fastidieux, et c'est pourtant ce qui vous fait sortir sur « couscous » suivi du nom de votre ville, une recherche que personne ne travaille. Commencez par vos dix plats signature.
Trois limites qu'il vaut mieux connaître avant de tout miser dessus.
Si vous n'avez ni site ni budget aujourd'hui, remplissez d'abord la fiche. C'est gratuit, c'est ce qui rapporte le plus vite, et je préfère vous le dire que vous vendre autre chose. Le site devient utile quand la fiche est faite et que vous voulez la dépasser.
Les six premiers points sont gratuits et ne demandent que du temps. Le septième est le seul qui suppose d'avoir un site, et c'est aussi celui qui transforme la fiche en clients qui commandent au lieu de clients qui regardent.
Un changement de catégorie se répercute en général en quelques jours. Les photos et les avis agissent plus lentement, sur des semaines. Ce qui ne bouge jamais tout seul, c'est une fiche qu'on ne touche plus : Google favorise les établissements dont la fiche vit.
Non. Le classement local n'est pas à vendre. Il existe de la publicité qui place un encart au-dessus des résultats, mais elle est signalée comme telle et s'arrête le jour où vous arrêtez de payer. La fiche bien remplie, elle, continue de travailler.
Oui, c'est prévu par Google : les internautes peuvent proposer des corrections, et certaines sont appliquées automatiquement. C'est une raison de relire sa fiche une fois par mois, et d'activer les notifications de modification dans l'application de gestion.
Oui, une fiche par adresse, avec ses propres horaires, ses propres photos et son propre numéro. Deux adresses sur une seule fiche font perdre les deux : Google ne sait plus laquelle proposer selon la distance.
Dans la plupart des cas c'est la notoriété qui manque : peu d'avis, aucun site, et aucune mention de votre nom ailleurs sur le web. C'est le travail le plus long, et c'est exactement ce que couvrent les formules de suivi de référencement local.
Je la regarde et je vous dis ce qui cloche, en clair. Si tout est déjà en ordre, je vous le dirai aussi : ça arrive, et c'est une bonne nouvelle.
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