Conseils · Plateformes

Quitter Uber Eats ou Deliveroo sans perdre son chiffre

Presque personne ne se plante en partant trop tard. On se plante en coupant d'abord et en s'organisant ensuite. Voici l'ordre qui marche, le calendrier réaliste, et ce qu'il faut regarder avant de décider si le jeu en vaut la chandelle.

Lecture 7 min · Tous les conseils

Le chiffre d'abord

Ce que la bascule vous rapporterait

Avant de parler méthode, le chiffre. Une commande basculée en direct ne vous rapporte pas le prix de la commande : elle vous rapporte la commission que vous ne versez plus. Mettez vos chiffres dans les quatre champs, le calcul se refait tout seul.

Ces trois chiffres se lisent sur votre relevé mensuel. Le reste se déduit : vous n'avez rien à estimer.

de commission versée dans l'année, au rythme actuel
restent chez vous chaque année si la moitié de vos commandes passe par votre site
pour amortir les 650 € du module, dans ce cas de figure

  • La commission se calcule sur le prix TTC affiché à la plateforme, frais de service compris.
  • Les 650 € du module ne se paient qu'une fois. Ensuite une commande en direct ne coûte que ses frais bancaires, 1,5 % + 0,25 € chez Stripe, déjà retirés du chiffre ci-dessus.
  • Les 20 € par mois d'hébergement sont dus dans tous les cas, avec ou sans commande en ligne : ils ne changent pas le calcul.
Avant de décider

Ce que la plateforme vous apporte vraiment

Partir n'est pas toujours le bon calcul, et une page qui vous dirait le contraire vous vendrait quelque chose. Séparez vos commandes en deux tas :

Le premier tas est presque toujours le plus gros, et c'est lui qui justifie une sortie, au moins partielle. Un moyen simple de le mesurer : regardez la part de vos commandes plateforme qui viennent d'adresses situées à moins de dix minutes à pied. Ce sont vos voisins, ils vous connaissent.

La sortie n'est presque jamais totale du jour au lendemain. Le schéma qui tient, c'est : ouvrir le direct, faire basculer les habitués, garder la plateforme comme vitrine tant qu'elle amène de nouvelles têtes.

La méthode

Six semaines, dans cet ordre

L'ordre compte plus que la vitesse. Chaque étape sert à ce que la suivante ne coûte rien.

Semaine 1 — Ouvrir le direct, avant toute chose

Une page de commande sur votre propre site, avec la carte, les créneaux de retrait et le paiement en ligne. Tant qu'il n'existe pas d'alternative, tout le reste est théorique : le client qui ne veut plus passer par l'application n'a nulle part où aller. C'est le module à 650 €, en service en une semaine.

Semaine 2 — Aligner les prix, pas les baisser

Beaucoup de restaurants majorent leur carte sur les plateformes pour absorber la commission. En direct, gardez le prix normal : l'écart devient votre argument, sans un mot de publicité. Affichez la carte au même endroit sur le site et sur l'application, pour qu'une comparaison soit immédiate.

Semaine 2 — Réparer la fiche Google

C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui fait la différence. Quand quelqu'un cherche votre restaurant par son nom, la fiche Google doit porter un bouton « Commander » qui pointe vers votre site, pas vers l'application. Ce champ se remplit à la main, il est gratuit, et il capte des commandes que vous payiez jusque-là 30 %. Le détail est sur la page fiche Google.

Semaines 3 et 4 — Le dire à ceux qui commandent déjà

Une carte dans chaque sac, une affichette à la caisse, un mot en salle, un QR code sur les tables. Le message qui fonctionne n'est pas « ne commandez plus sur Uber Eats », c'est « commandez ici, c'est le même prix et ça nous aide ». Les clients réguliers d'un restaurant de quartier basculent beaucoup plus facilement qu'on ne le croit, à condition qu'on le leur demande explicitement.

Semaine 5 — Régler la livraison

C'est la seule vraie difficulté, et elle a trois issues honnêtes : le retrait sur place, que la plupart des clients acceptent contre une remise de deux ou trois euros ; un livreur local à l'heure ou à la course, souvent moins cher que 30 % dès qu'il y a du volume ; ou garder la plateforme pour la seule livraison lointaine. Aucune de ces solutions n'est parfaite, et prétendre l'inverse serait mentir.

Semaine 6 — Mesurer, puis décider

Comparez le volume direct au volume plateforme sur un mois plein. Si le direct dépasse 30 % du total, la sortie complète devient envisageable. En dessous, gardez la plateforme et laissez le direct monter : rien ne presse, et chaque commande basculée est déjà de la commission économisée.

Les pièges

Quatre erreurs qui coûtent cher

À lire aussi

Deux autres conseils sur le même terrain.

Ce que coûte une commission de 30 %

Le calcul réel une fois les matières payées, et le volume à partir duquel le direct devient rentable.

Lire

Fiche Google : ce qui change le classement

Les champs qui pèsent vraiment, dont le bouton « Commander » qui décide où va le client.

Lire
Questions fréquentes

Ce qu'on me demande avant de partir.

Combien de commandes perd-on en quittant une plateforme ?

Cela dépend entièrement de la part de clients qui vous connaissaient déjà. Un restaurant de quartier avec une clientèle locale conserve l'essentiel de son volume s'il a prévenu et ouvert le direct avant ; une enseigne dont les commandes viennent presque toutes de la découverte dans l'application perd beaucoup. C'est exactement pour cela qu'on mesure avant de couper.

Faut-il vraiment fermer le compte ?

Rarement. La configuration la plus courante consiste à garder la plateforme pour les livraisons lointaines et la découverte, et à faire passer tout le reste en direct. La commission redevient alors un coût d'acquisition, ce qu'elle aurait toujours dû être.

Et la livraison, si je n'ai pas de livreur ?

Le retrait sur place couvre la majorité des cas, surtout avec une petite remise. Au-delà, un livreur local rémunéré à l'heure devient moins cher qu'une commission dès quelques dizaines de courses par mois. Ces deux options ne conviennent pas à tout le monde : si votre chiffre repose sur la livraison à cinq kilomètres, la plateforme garde un intérêt.

Combien de temps pour ouvrir la commande en direct ?

Une semaine si votre site existe déjà : le module s'y ajoute sans le refaire. Deux semaines s'il faut aussi construire le site. Le paiement en ligne est opérationnel dès la mise en service.

Les clients acceptent-ils vraiment de changer d'habitude ?

Quand on le leur demande clairement et que le prix est au moins aussi bon, oui, dans une large proportion. Ce qui ne marche pas, c'est d'attendre qu'ils le devinent : sans carte dans le sac, sans affichette et sans bouton sur la fiche Google, il ne se passe rien.

On en parle

Dites-moi votre volume, je vous dis si ça vaut le coup.

Votre nombre de commandes, votre panier moyen et la part de clients du quartier suffisent. Je vous réponds franchement, y compris quand la réponse est « restez sur la plateforme pour l'instant ».

Lire les autres conseils

Ou directement : contact@furonsolutions.com